Le jardinage urbain, une tendance qui ne date pas d’hier

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Aujourd’hui, les enfants ne connaissent souvent que les légumes du supermarché : emballés, triés et parfois, malheureusement, pas franchement savoureux. Une situation qui pourrait être liée à l’urbanisation croissante : les enfants qui vivent dans les villes n’ont plus guère de contact avec la nature, et encore moins avec l’agriculture. Mais les choses ne sont pas aussi désespérées qu’elles en ont l’air : il existe d’innombrables manières d’inviter le jardin en ville ou même dans votre appartement. Petit tour d’horizon.

Aujourd’hui, la tendance est au développement durable, au locavorisme, à la saisonnalité, mais aussi au jardinage urbain. Si ces expressions sont aujourd’hui sur toutes les lèvres, elles ne datent pourtant pas d’hier. Le jardinage urbain remonte en effet au XIXe siècle. Si le regain d’intérêt pour les jardins partagés est aujourd’hui surtout lié à l’envie de se nourrir sainement, ils étaient à l’époque principalement destinés aux populations qui n’avaient pas de quoi manger. Leur création répondait à des fins caritatives.

Les jardins ouvriers

Certes, Daniel Gottlob Moritz Schreber – qui a donné son nom aux jardins ouvriers en Allemagne (les « Schrebergärten », soit, littéralement, les jardins de Schreber) – n’en a pas créé lui-même (et il serait aussi certainement très étonné du nombre de nains de jardin qui y ont trouvé refuge), mais c’est lui qui a remarqué que, dans le cadre de l’urbanisation, des activités physiques en plein air feraient du bien aux enfants et aux adolescents. Des espaces ont alors été créés pour permettre aux enfants de jouer et de faire de l’exercice – puis aux parents de jardiner : les jardins de Schreber étaient nés. Ils offrent alors à la population des villes un refuge loin de la jungle de béton et la possibilité de cultiver des plantes, mais aussi de surmonter la pénurie alimentaire qui sévit pendant les deux guerres mondiales.

Les jardins communautaires

Si les jardins ouvriers cèdent de plus en plus la place aux zones résidentielles en raison du manque de logements, les zones urbaines voient aussi se créer de nombreux jardins communautaires, également appelés jardins partagés : jardins de quartier, jardins des voisins ou encore jardins interculturels. Pour la plupart, ils sont installés sur des terrains municipaux inutilisés. Leur point commun : ils n’ont pas de but commercial et sont, en majeure partie, ouverts au public. Ils ne servent pas uniquement à cultiver des légumes : ils permettent de faire la connaissance de ses voisins, de faire des choses ensemble et de donner, dans une certaine mesure, un nouveau visage à la ville. Mais il existe d’innombrables raisons de jardiner dans un environnement urbain.

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Une alimentation consciente

De plus en plus de gens cherchent à se nourrir sainement. Cultiver des fruits et des légumes permet de rendre l’agriculture plus visible et de la vivre réellement. Les jardiniers découvrent les processus qui entrent en jeu dans la production des denrées alimentaires, peuvent les examiner d’un œil critique et comprennent donc mieux les producteurs. Plus on en sait sur les aliments sains – qu’il s’agisse de fruits, de légumes, d’aromates ou de fleurs comestibles –, plus on apprécie les aliments que l’on a cultivés soi-même. Les jardiniers font l’expérience d’une alimentation de saison directement dans leur jardin de quartier. Celles et ceux qui ne peuvent s’offrir une alimentation saine pour des raisons financières ont ainsi la possibilité de la produire eux-mêmes.

Écologie

Les aliments parcourent souvent de longues distances entre le producteur et le consommateur, ce qui entraîne une augmentation des émissions de carbone, du nombre de camions sur les autoroutes, des embouteillages et du bruit. Tous ces inconvénients disparaissent lorsque l’on s’approvisionne localement, dans un jardin municipal : les récoltes sont en général consommées directement et ne nécessitent ni transport, ni stockage, ni refroidissement. L’emballage devient lui aussi superflu. Les jardiniers gèrent les ressources avec parcimonie, utilisent de l’eau de pluie récupérée, fertilisent naturellement les sols et cultivent fruits et légumes en harmonie avec la nature (voir également notre paragraphe sur la permaculture).

Repos et santé

Les jardins urbains sont aussi propices à la détente, même s’ils sont répartis aux quatre coins de la ville : entouré de verdure, sur le balcon ou devant chez soi, il est plus facile d’oublier le stress de la journée. Le jardinage permet de pratiquer une activité physique en plein air, bénéfique pour la santé, et de penser ainsi à autre chose. Votre qualité de vie s’améliore lorsque vous pouvez vous détendre au milieu d’une végétation luxuriante – dans le peu de temps que vous arrivez à trouver lorsque vous travaillez. Le jardinage urbain n’implique aucune obligation. Vous pouvez le pratiquer en fonction de votre planning.

L’expérience de la nature que l’on peut faire près de chez soi, sur des espaces inutilisés qui resteraient autrement en friche, y est aussi étroitement liée. Vous voyez la plante devenir ce que vous trouverez ensuite au rayon légumes, à la seule différence que cette fois, vous aurez directement contribué au résultat, en semant, en plantant et en récoltant – pour ensuite consommer le fruit de votre travail. Vous comprenez ainsi la manière dont est produite l’alimentation, vous découvrez les facteurs et les influences qu’elle subit et aussi la rapidité avec laquelle ce système peut être déséquilibré.

Autre atout : les plantes, chez nous ou en ville, nous font du bien. Grâce aux cours de biologie, nous avons tous appris qu’elles nous apportent de l’air frais : elles absorbent le CO2 et le transforment, entre autres, en oxygène. Plus il y a de plantes, mieux c’est. Lors des fortes chaleurs estivales, elles régulent le climat, car elles rafraîchissent l’atmosphère grâce à l’augmentation de l’évaporation. Les végétaux de grande taille fournissent également de l’ombre. Les plantes contribuent ainsi, de différentes manières, à équilibrer la température. Elles absorbent aussi la poussière.

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Les espaces végétalisés rompent les tristes enfilades grises de bâtiments, égaient le paysage urbain et, enfin, ont un impact positif sur l’image d’un quartier. Au bord des routes, dans les parcs, les jardins municipaux ou les allées, les arbres offrent aux citadins une nouvelle qualité de vie.

Engagement et inclusion

Pour les habitants, les jardins urbains représentent une formidable opportunité de s’engager au niveau du quartier et donc de contribuer à son développement. Cet engagement renforce le sentiment d’appartenance et l’attachement à l’espace de vie, car les personnes s’y identifient davantage. Elles ne produisent pas seulement des aliments pour leur propre consommation, elles ont aussi le sentiment de participer à l’aménagement de leur quartier et, d’une certaine manière, aux décisions. Dans « leur » jardin, elles peuvent expérimenter et laisser libre cours à leur créativité. Leur estime de soi augmente lorsqu’après quelques semaines, elles constatent et dégustent les premiers résultats de leur travail.

Les jardins urbains offrent également un espace d’échange et la possibilité d’établir des relations. En permettant à chacun de participer, ils créent des liens entre des personnes qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées en temps normal. Toutes les couches sociales, les nationalités et les ethnies peuvent se réunir au sein d’un jardin municipal. Si les jardiniers apprennent ainsi à mieux connaître leurs voisins, c’est aussi pour eux l’occasion de partager leurs connaissances et leurs expériences et de mieux se comprendre en vivant ensemble des situations du quotidien. Il est alors plus facile de poser des questions lorsqu’on ne comprend pas tel ou tel comportement.

Dès le début des années 1990, les jardins internationaux sont devenus des lieux de rencontre pour les personnes de différentes cultures. S’ils ont aidé les participants à se comprendre – les migrants avaient la possibilité de se sentir davantage chez eux en semant des plantes de leur pays d’origine et en ayant ainsi un peu de leur pays natal sur place –, les jardins leur ont aussi permis de regagner un peu d’autonomie. Il en va de même pour les citadins les plus pauvres. Au sein d’un jardin urbain, ils ont la possibilité de partager leurs connaissances avec les autres et d’agir pour créer quelque chose. Ils récoltent le fruit de leurs actions et obtiennent aussi une reconnaissance pour ce qu’ils ont réussi à faire. De plus en plus de groupes de population s’approprient les jardins municipaux, les artistes par exemple.

Les villes comestibles

Comme pour toutes les catégories citées jusqu’à présent, il est difficile d’établir les limites du « jardinage urbain », car il n’en existe aucune définition exacte. La principale différence entre la ville comestible et le jardinage urbain réside dans le fait que la première, tout comme les jardins communautaires, se réfère à l’espace public, contrairement au jardinage urbain. Le premier projet de « ville comestible » a démarré en 2008 à Todmorden, en Angleterre, sous le nom des « incroyables comestibles » (Incredible Edible). L’idée consistait à réunir des personnes de tous les âges, de toutes les catégories de revenus et de toutes les cultures autour d’un thème qui touche chacun d’entre nous : la nourriture. La devise du projet était « If you eat, you’re in » (« Si vous mangez, vous faites partie du club ») et son objectif était de faire avancer les choses en multipliant les petites actions, ce que les citoyens de Todmorden ont réussi avec brio. Aujourd’hui, on trouve des plantes dans tous les coins de la ville, qui est devenue une destination touristique prisée.

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Entre-temps, les projets de ville comestible ont essaimé aux quatre coins du monde. De plus en plus souvent, des plantes « utiles » remplacent les plantes purement ornementales dans les espaces publics : des arbustes fruitiers, des plates-bandes de légumes, des aromates dans des carrés surélevés ou des cultures verticales, près des aires de jeu, des cabinets médicaux, dans les zones piétonnes, etc. Les principes de la permaculture y sont en général respectés. Les citoyens de la ville sont expressément invités à participer – et bien entendu aussi à récolter et à consommer. Ils deviennent ainsi des « consommacteurs » (mot-valise composé de « consommateur » et « acteur »).

Ce type d’initiatives permet de construire un approvisionnement local, mais aussi de donner aux habitants l’envie de s’engager, de verdir leur ville, de se nourrir plus sainement et de réfléchir de manière plus écologique.

Les jardins des écoles

De plus en plus d’écoles et de crèches entendent familiariser les enfants à la nature dès leur plus jeune âge. À l’école ou à la crèche, un jardin offre aux enfants une première approche du jardinage. Ils découvrent activement une flore qui éveille tous leurs sens : ils voient les plantes vertes ou les variétés de fruits et de légumes de différentes couleurs, les sentent, peuvent toucher leur texture et, bien entendu, goûter les fruits. Leurs oreilles aussi sont sollicitées, car leurs plantations attirent les abeilles. Cette expérience active dans la nature laisse une impression durable : les enfants expérimentent, prennent des responsabilités, seuls ou avec leurs éducateurs en fonction de leur âge, du semis à la récolte. Ils créent ensemble et remarquent qu’ils sont capables de beaucoup de choses. Surtout, ils se rendent compte à quel point ce qu’ils cultivent eux-mêmes a bon goût. Le jardin s’intègre alors au projet pédagogique.

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La permaculture

Le terme de permaculture est une fusion des mots anglais « permanent » et « agriculture » qui désigne une forme durable d’agriculture. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’agriculture et de jardinage, mais bien d’une recherche d’autosuffisance alimentaire, en harmonie avec la nature, à l’aide de systèmes soit naturels soit inspirés de la nature. L’objectif de la permaculture est d’économiser les ressources, de réduire la consommation d’énergie et, globalement, d’accumuler moins de biens de consommation.

Les jardiniers qui souhaitent mettre en œuvre les principes de la permaculture doivent bien connaître le sol qu’ils cultivent – ce qui peut y être planté, sous quelle forme, comment entretenir le jardin, quels amendements utiliser, etc. L’organisation du jardin doit tenir compte de l’orientation du terrain et donc de la course du soleil, ainsi que des vents dominants. Ces facteurs déterminent l’endroit où seront installées les plantes : certaines apprécient le plein soleil, tandis que d’autres préfèrent l’ombre ou craignent le moindre courant d’air. Végétaliser les sols et les amender à l’aide d’engrais naturels permet de les protéger et de contribuer à réguler le cycle des nutriments. Les plantations sont réalisées en fonction des saisons. On obtient ainsi des rendements élevés sans que cela ne coûte trop cher, tout en agissant de manière durable et écologique. Incidemment, on apprend à bien connaître les plantes locales.

Les variétés de légumes sont choisies en fonction de leur adaptation aux conditions climatiques, mais aussi au sol. Les différentes plantes doivent être associées de manière à exercer une influence positive les unes sur les autres. Par exemple, le basilic est planté près des tomates ou des concombres, car il prévient le mildiou. Les monocultures n’ont pas leur place dans un jardin cultivé selon les principes de la permaculture, tandis que la polyculture et la biodiversité y sont à l’honneur. De nombreuses variétés différentes poussent côte à côte et le jardinier cultive aussi souvent des espèces rares ou anciennes, contribuant ainsi à la protection de la biodiversité.[1] Mais ce n’est pas tout : les différentes plantes représentent également une source de nourriture pour les abeilles et autres insectes, fortement pénalisés par une agriculture moderne qui mise principalement sur les monocultures. Les abeilles ont besoin d’une nourriture variée, composée de multiples plantes et pollens. D’autre part, les jardins qui abritent de nombreuses espèces sont plus résistants et moins touchés par les infestations de nuisibles et les maladies.

Un jardin en permaculture se doit d’être équipé d’une réserve de récupération d’eau de pluie. Le jardinier contribue ainsi à économiser les ressources en eau de la planète. Le compost permet de disposer d’un engrais naturel. Une serre s’avère également très utile pour que les plantes les plus sensibles puissent résister aux rigueurs de l’hiver et que le jardinier amateur puisse y faire pousser de jeunes plants, tôt dans la saison. Son emplacement doit être habilement défini, par exemple près d’une mare qui reflétera les rayons du soleil et apportera ainsi un peu plus de chaleur. Il est également intéressant de disposer d’une cave pour stocker les récoltes de fruits et de légumes sans réfrigérateur. On économise ainsi de l’énergie tout en réduisant sa facture d’électricité. Les animaux, comme les poules ou les oies, s’intègrent aussi très bien dans un jardin permacole, car ils permettent de se passer d’insecticides.

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La tour à pommes de terre

Si vous n’avez qu’un petit jardin, mais que vous ne voulez pas renoncer aux pommes de terre maison, vous pouvez envisager d’installer une tour à pommes de terre. L’avantage de cette technique est de produire à la verticale, couche par couche, et non en largeur. On peut ainsi obtenir un bon rendement sur une surface relativement faible. Une tour à pommes de terre est très simple à construire, elle ne coûte pas grand-chose – et peut même s’installer sur un balcon. Vous trouverez sur internet de nombreux tutoriels. Si vous disposez de vieux pneus, vous pouvez les superposer pour cultiver vos pommes de terre – laissez parler votre imagination !

Le jardin sur balcon

Le jardin sur balcon constitue une oasis de verdure dont on peut profiter à tout moment et à laquelle s’applique tout ce qui a été dit précédemment sur les autres formes de jardins. Comme on l’a vu, il est même possible d’y cultiver des pommes de terre. Même si les récoltes ne sont pas aussi importantes que dans un jardin ouvrier, par exemple, vous serez d’autant plus heureux de déguster cette tomate juteuse que vous aurez vu pousser juste devant la fenêtre du salon.

Les jardins sur balcon accueillent souvent des aromates : l’on dispose ainsi en permanence d’herbes fraîches et l’on n’a plus besoin de recourir aux sachets de supermarché, dont le contenu est souvent fané dès le lendemain. Certes, la culture d’une plante nécessite nettement plus de temps que d’aller faire ses courses, mais l’on en profite aussi beaucoup plus longtemps. Alors que l’on jette la plante achetée tout de suite après la récolte, les herbes que l’on a soi-même fait pousser tiennent bien plus longtemps, repoussent – et peuvent être dosées à loisir. Vous n’aurez pas besoin d’acheter un bouquet entier alors qu’il ne vous fallait que quelques branches.

L’hydroponie

Autre tendance d’avenir : l’hydroponie, qui consiste à cultiver sans terre. Cette technique peut être mise en œuvre dans un jardin, mais aussi en intérieur, ou carrément à grande échelle, dans de grands hangars de production. L’hydroponie offre de nombreux avantages : elle permet de s’affranchir des saisons et de la météo et de cultiver des légumes à contre-saison. Les plantes poussent plus rapidement, car les conditions peuvent être adaptées en conséquence. Les maladies liées au sol, par exemple la pourriture grise ou la hernie du chou, disparaissent totalement.

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L’hydroponie peut permettre aux gros producteurs de faire des économies, car la consommation d’eau et de nutriments diminue sensiblement. Ces deux éléments peuvent être dosés avec précision, alors que dans les cultures conventionnelles, ils s’infiltrent en grande partie dans le sol – ou l’eau s’évapore sous l’effet du rayonnement solaire. Dans les cultures classiques, c’est la terre qui assure le stockage de l’eau et la distribution des nutriments.

Un gros producteur pourra aussi s’adapter aux besoins actuels des acheteurs et ainsi réagir assez rapidement aux préférences et aux souhaits, car les plantes cultivées en hydroponie poussent nettement plus vite.

L’aquaponie

L’aquaponie est une autre technique prometteuse qui consiste à élever des poissons et à faire pousser des plantes en symbiose. Dans ce système circulaire écologique, les poissons et les plantes sont indissociables et profitent les uns des autres. Les Mayas utilisaient un système similaire qui renaît aujourd’hui grâce aux technologies modernes. Le dispositif est composé de deux réservoirs : le premier accueille des poissons d’eau douce, le second sert à arroser les plantes. Les réservoirs sont reliés de manière à pouvoir utiliser les déjections des poissons pour fertiliser les plantes (grâce à l’ajout de bactéries). Les plantes, quant à elles, nettoient l’eau dans laquelle nagent les poissons. Ce processus est très écologique, car l’eau des poissons ne nécessite pas de coûteux nettoyage et ces derniers ne reçoivent pas d’antibiotiques. Enfin, les plantes n’ont pas besoin de produits phytosanitaires.

Ce système présente l’avantage de pouvoir être mis en œuvre partout en ville, sur le toit d’un immeuble ou, à petite échelle, sur votre balcon. Il permet aussi d’éviter les coûts de transport. Même si l’aquaponie est écologique, les légumes ne peuvent être qualifiés de biologiques, car selon la directive européenne, ceux-ci doivent pousser dans la terre.

Les États-Unis sont les leaders mondiaux de l’aquaponie.

Les jardins verticaux

Face à la pénurie et au coût croissant des terrains en ville, l’architecte et botaniste français Patrick Blanc a eu l’idée de faire pousser des plantes à la verticale, par exemple sur les façades des immeubles. Non seulement le résultat est esthétique et améliore la qualité de vie des citadins, mais les murs végétalisés contribuent aussi, comme tous les jardins, à une meilleure qualité de l’air. Ils permettent également de réduire la consommation d’énergie : les bâtiments dont les façades sont végétalisées sont plus frais en été, et en hiver, les plantes agissent comme une couche isolante et les protègent du froid. Toute l’année, le jardin vertical protège aussi des bruits de la ville.

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Bosco Verticale, à Milan, est un projet célèbre dans ce domaine : les deux immeubles qui forment cette « forêt verticale » sont recouverts d’une végétation luxuriante – mousses, graminées, arbustes, résineux et même feuillus. Au total, 900 arbres et 11 000 plantes ont pris place sur la façade du bâtiment. S’ils avaient été plantés sur une surface horizontale, ils auraient occupé 7 000 m². Ce qui est surprenant, c’est que la végétalisation ne représente que 5 % du coût de construction, un chiffre qui encourage à créer de nouveaux projets de ce type.

L’un d’eux va bientôt voir le jour à Hambourg : les trois étages d’un énorme bunker de l’époque nazie doivent y être généreusement végétalisés. Le toit-terrasse devrait accueillir un jardin zen, accessible par une passerelle extérieure et, la partie du bâtiment en saillie, au centre, des espaces de jardinage. Mais d’autres villes encouragent également la végétalisation des toits et des façades.

Les jardiniers amateurs peuvent eux aussi se lancer dans les jardins verticaux, par exemple en installant un mur végétal sur leur balcon ou même dans leur appartement ou leur maison. Il suffit de laisser suffisamment d’espace entre le mur et les plantes pour éviter la formation de moisissures. Si vous décidez d’installer un jardin vertical sur votre balcon, optez pour des plantes locales qui résistent bien au vent et aux intempéries. Il améliorera votre qualité de vie, mais aussi celle de vos voisins.

Les jardins sur toits-terrasses

Les jardins aménagés sur les toits-terrasses ont le même effet que les jardins verticaux : ils évitent aux espaces situés directement sous les toits de surchauffer en été, lorsque le soleil tape fort, et, en hiver, forment une couche isolante qui réduit les déperditions de chaleur. Ils jouent également le rôle d’isolant acoustique. Ce sont surtout les toits plats, mais aussi certaines toitures inclinées, qui peuvent être transformés en espaces verts florissants, à la fois rentables et écologiques : les plantes qu’ils accueillent filtrent les substances polluantes de l’air et absorbent les poussières. Qu’il s’agisse d’un véritable jardin ou d’une toiture végétalisée : la ville devient plus vivable et offre aux oiseaux, aux insectes et à bien d’autres micro-organismes une oasis de verdure au cœur de la ville. Les humains pourront aussi s’y détendre après leur journée de travail et y trouver un endroit pour fuir le stress de la vie quotidienne.

La location de potager

Si vous ne disposez ni de balcon ni de jardin (ouvrier) et si vous souhaitez tout de même planter et récolter vos propres fruits et légumes, vous pouvez désormais louer un potager. En général, les champs se trouvent en périphérie de la ville et sont facilement accessibles depuis chez vous. Dans de nombreuses villes, ces potagers sont proposés par des start-ups qui facilitent le plus possible la vie des jardiniers amateurs : avant de leur être confiés, les sols sont préparés, les fruits et les légumes en général déjà plantés. Il ne reste plus au locataire qu’à entretenir son petit terrain. Les engrais et les outils de jardinage sont eux aussi fournis. Une newsletter est souvent transmise par e-mail pour vous expliquer pas à pas les travaux à réaliser – toujours dans le respect des saisons.

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Le jardinier amateur loue souvent sa parcelle pour une saison et peut ainsi tester comment il se débrouille. Beaucoup sont totalement séduits par la formule : leur potager en location leur permet de faire l’expérience de la nature et de sentir leur attachement à la Terre lorsqu’ils y plongent les mains. La détente arrive automatiquement, même si – reconnaissons-le – le jardinage peut être assez fatigant. Les locataires récoltent des légumes locaux et de saison, sans pesticides, et reconquièrent une partie de leur autonomie en récoltant leur propre production et donc en réduisant leur dépendance au supermarché.

L’agriculture urbaine professionnelle

La croissance continue des villes et l’expansion des agglomérations transforment des zones jusqu’alors rurales – et donc aussi des terres agricoles – en zones urbaines. Les exploitations agricoles profitent de cette tendance pour offrir aux populations des villes des services supplémentaires : elles proposent notamment des restaurants et des boutiques à la ferme vendant des produits fraîchement récoltés, qui attirent en général de nombreux visiteurs.

Pour les exploitations agricoles, la croissance des villes est une chance, mais aussi un défi. Dans les grandes agglomérations, par exemple dans la Ruhr, les terres agricoles se font de plus en plus rares et leur urbanisation réduit les zones de production. Les possibilités de développement sont fortement limitées. L’agriculture réfléchit à de nouvelles solutions. Parmi celles-ci, l’utilisation des friches urbaines pour produire des aliments, ce qui entraîne la création de paysages en « patchwork ».

L’agriculture solidaire

Certes, l’agriculture solidaire ne rentre pas dans la catégorie du jardinage urbain, mais elle constitue un modèle prometteur viable et durable d’approvisionnement, et pas seulement des populations urbaines. Les paysans et les foyers adhérents constituent une association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) : plusieurs familles s’associent pour préfinancer la production d’une exploitation agricole et reçoivent, en échange, la totalité de la récolte. Dans ce modèle, tous les participants partagent les responsabilités, mais aussi les risques (par exemple de mauvaises récoltes liées à la météo).

Les agriculteurs gagnent en visibilité et ne sont plus contraints de travailler en fonction du marché. Un marché très exigeant, pour eux comme pour les animaux, et qui les force à prendre des mesures contraires à une agriculture naturelle. Ces mesures assurent simplement leur survie, sans s’inquiéter de savoir comment se portent le paysan, les animaux et l’environnement. Le système des AMAP permet aux exploitants de ne plus dépendre des subventions et de ne plus craindre pour leur existence, car ils disposent d’un revenu garanti. Ils ont ainsi la possibilité de pratiquer une agriculture naturelle et saine. Quant aux acheteurs, ils bénéficient d’une récolte de fruits et légumes frais, locaux et de saison, parfois aussi de produits transformés comme du fromage ou du pain, si l’exploitation agricole en propose également. Il en résulte un circuit économique transparent qui ne repose plus sur le marché. Les participants se nourrissent sainement et, accessoirement, contribuent à la protection de l’environnement.

 

La guérilla jardinière

Les premiers jardins communautaires installés dans les friches de New York, dans les années 1970, sont considérés comme les pionniers du « Guerilla Gardening ». Cette expression désigne le semis et la plantation non contrôlés dans les espaces urbains. Initialement, il s’agit d’un mouvement politique qui entendait lutter contre certaines tendances du développement urbain et évoluait à la limite de la légalité. Les plantations sur les espaces communaux sans autorisation sont en effet considérées comme une infraction. En général, ces actions sont toutefois tolérées par les municipalités, car elles rendent les villes globalement plus belles et plus accueillantes et ces protestations sont habituellement pacifiques.

Les guérilleros utilisent souvent des bombes à graines qu’ils lancent, par exemple, dans des quartiers résidentiels austères, car ils pensent que l’espace public appartient à tous les habitants et que la ville ne devrait pas en être seul maître. Les bombes à graines sont très pratiques, car on peut les fabriquer soi-même. Il suffit de mélanger un peu de terre à de l’argile, d’y ajouter des graines de fleurs, de former une boule, d’humidifier le tout puis de laisser sécher. Votre bombe à graines est prête et pourra germer même dans de mauvaises conditions grâce à ses nutriments et à son humidité. Lancées au printemps dans des espaces où quelques fleurs feront le plus grand bien, elles offriront, un peu plus tard, un véritable régal pour les yeux, mais aussi un petit paradis pour les abeilles et les papillons. Si vous voulez essayer, pensez à utiliser des variétés locales compatibles avec notre écosystème et non toxiques.

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Les graffitis en mousse ont eux aussi le vent en poupe : il est même possible d’en créer dans son propre jardin. Il suffit de mélanger au mixeur des variétés de mousses locales avec du yaourt, de la bière et du sucre et d’appliquer le mélange au pinceau sur un mur à l’ombre, qui reste plutôt frais et humide même en été. Le graffiti doit ensuite être vaporisé avec de l’eau pour qu’il se développe. Avec un peu de chance, on obtient ainsi une jolie déco, durable et entièrement naturelle. La mousse ne développe pas de racines et absorbe l’humidité directement à travers ses feuilles : elle peut donc très bien pousser dans ces conditions.

QUADRO nature

Chez QUADRO, nous trouvons toutes ces tendances absolument passionnantes, notamment car, selon nous, les enfants doivent pouvoir entrer en contact avec la nature de manière simple et ludique. Nos kits de construction sont conçus pour les aider à grandir naturellement et en bonne santé. Nous souhaitons désormais aller plus loin et vous présenter de nouveaux produits basés sur de solides connaissances et qui s’avéreront utiles pour les enfants, mais aussi pour les plus grands.

À bientôt avec QUADRO nature !

Et voici un autre article sur le jardinage.

[↑] La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, estime qu’environ 75 % des espèces cultivées ont disparu à jamais au cours du siècle dernier.

En meilleure santé grâce aux plantes

Les plantes d’intérieur ne servent pas seulement à décorer, elles ont aussi de nombreux avantages pour la santé. Grâce à la photosynthèse, elles fournissent toute la journée de l’oxygène et contribuent aussi à purifier l’air. En rejetant dans l’environnement de toutes petites quantités d’eau, elles augmentent l’humidité de la pièce. Elles ont donc un effet bénéfique sur les peaux sèches et aident également à prévenir les rhumes et les maux de gorge. Les plantes en pot peuvent aussi être utilisées après une opération, en complément, car elles diminuent la sensation de douleur et soulagent l’anxiété ainsi que l’épuisement. Ainsi, les patients ayant des plantes dans leur chambre récupèrent plus rapidement que les autres. De même, les plantes sur le lieu de travail permettent aux salariés de mieux travailler : ils sont plus concentrés, plus productifs et mémorisent mieux.

Sources

  1. Gemeinsam gärtnern in der Stadt. Praxisbeispiele aus Nordrhein-Westfalen. Ministerium für Klimaschutz, Umwelt, Landwirtschaft, Natur- und Verbraucherschutz des Landes Nordrhein-Westfalen, Referat Öffentlichkeitsarbeit. April 2016
  2. Aquaponik - ein vorbildliches System - FUTURE - ARTE
  3. What Is Hydroponics And How Does It Work? Agriculture Academy. 21.09.2020
  4. Verena Schmidt. Permakultur. Mein schooner Garten, 10.03.2019
  5. Vertikaler Garten: Es grünt so grün. Urban Gardening für engsten Raum: Tipps für Vertical Gardening. Stadtwerke Düsseldorf
  6. Wolf-Christian Fink. Vertikale Gärten: Das wächst zum Himmel. Future Briefings. Das Zukunfts-Magazin vom Jahreszeiten Verlag, 02.2017
  7. Hillegarden
  8. Gemüse und Kräuter auf dem Balkon anbauen, Tipps vom Gemüse-Gärtner - Balkongemüse, urban gardening
  9. Kleine Einführung in den deutschen Schrebergarten. Meet the Germans. Deutsche Welle
  10. Monokulturen - eine Bedrohung für Wild- und Honigbienen
  11. Der Trend zum bepflanzten Dachgarten. Homesolute.com
  12. Maria Hohenthal. Kartoffelturm selber bauen: Für Balkone und kleine Gärten, Utopia, 07.06.2020
  13. Sarah Brockhaus. Essbare Städte: So funktioniert das Konzept, 03.11.2019
  14. Pam Warhurst. How we can eat our landscapes. TEDSalon, 2012
  15. Schulgarten-Unterricht: Wie Kinder im Garten lernen | MDR Garten
  16. Meine Ernte
  17. Justin Amaral. Samenbomben DIY: Hol dir den 'Guerilla Gardening'-Trend nach Hause. Gofeminin, 24.07.2019
  18. Aktion: Moos-Graffiti. UND JETZT RETTEN WIR DIE WELT! 27.10.2021
  19. Rolf Born. Projekt Zukunftsforum Urbane Landwirtschaft, 09./10.12.2014
  20. Projekt „Zukunftsforum Urbane Landwirtschaft“. Landwirtschaftskammer Nordrhein-Westfalen
  21. Was ist Solidarische Landwirtschaft?
  22. 5 Health Benefits of Houseplants

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