Acheter puis jeter : l’obsolescence programmée et ses implications

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Avez-vous déjà pesté contre votre téléphone portable parce que sa batterie ne tenait plus ? Ou contre le lave-linge qui, compte tenu de son âge, aurait dû théoriquement vous rendre encore de nombreux services ? S’agirait-il d’une usure planifiée par le fabricant ? Dans cet article, nous analysons en profondeur cette question.

L’expression « obsolescence programmée » signifie que les produits ou certains composants sont de moins bonne qualité de manière à vieillir volontairement plus tôt qu’on ne s’y attendait. Il peut s’agir d’un mécanisme qui doit se détériorer très rapidement, d’une faiblesse voulue ou encore d’un arrêt de fonctionnement prématuré programmé. Lorsque la technologie vieillit trop vite, qu’un appareil n’est plus compatible au bout de quelques années, que la réparation n’en vaut plus la peine ou n’est pas possible, on parle aussi d’obsolescence programmée. Les différentes catégories sont difficiles à définir clairement, tant la frontière entre elles est floue. Nous vous présentons ici les trois principales.

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Les différents types d’obsolescence

Obsolescence matérielle

La durée de vie des appareils dépend de la qualité des matériaux et des composants techniques. On parle d’obsolescence matérielle lorsqu’un appareil ne fonctionne plus en raison d’une panne d’un composant qui n’est plus réparable ou que l’on ne trouve plus en pièce détachée. La batterie non amovible des téléphones portables, dont les performances diminuent rapidement au bout de deux ans, en est un bon exemple. Les imprimantes qui rendent l’âme dès que la garantie a expiré en sont un autre. Théoriquement, de nombreux appareils sont encore réparables, mais en pratique, le coût de la réparation est tellement élevé qu’il est plus rentable d’en acheter un neuf.

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Obsolescence fonctionnelle

Si le logiciel d’un appareil n’est plus mis à jour par le fabricant, il devient souvent inutilisable. C’est le cas lorsqu’il n’y a soudain plus de pilote pour une imprimante qui fonctionnait jusqu’alors parfaitement et qui ne réagit plus du tout sous le nouveau système d’exploitation. Le système d’exploitation peut lui aussi devenir inutilisable lorsqu’il ne bénéficie plus de mise à jour de sécurité.

Les nouvelles versions de logiciels ou d’applications rendent bien souvent les anciennes inutilisables. Il peut également arriver que les formats de deux versions de logiciel différentes ne soient plus compatibles, si bien que l’utilisateur doit choisir la plus récente.

Un bond technologique constitue lui aussi un exemple d’obsolescence fonctionnelle : l’entreprise Apple avait par exemple équipé ses ordinateurs de ports FireWire au lieu des ports USB habituels. Rapidement dépassés, ils ont été remplacés par les ports Thunderbolt. Conséquence : les utilisateurs ont dû changer de câbles, mais aussi acheter de tout nouveaux appareils disposant des nouveaux ports.

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Obsolescence psychologique

En tant qu’acheteurs, nous avons un rôle à jouer dans ce type d’obsolescence. En effet, il s’agit là de notre volonté d’acquérir le dernier portable à la mode, tout juste lancé sur le marché.

Beaucoup ne peuvent résister à la tentation, non seulement parce qu’ils aiment essayer de nouveaux produits et apprécient le changement, mais aussi parce qu’il y a une certaine pression du groupe : si vous avez un vieux smartphone, vous ne vivez pas avec votre temps, vous êtes totalement out, votre entourage peut vous rejeter – ce qui est souvent le cas chez les adolescents et les jeunes adultes. Pourtant, le nouvel appareil ne dispose que de quelques fonctions supplémentaires et arbore seulement un look légèrement plus chic que son prédécesseur. Il n’en demeure pas moins qu’il nous procure le sentiment d’être cool, de faire partie du groupe.

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Qui est plus habile qu’Apple pour jouer sur la corde de l’obsolescence programmée ? Chacun sait l’engouement suscité par leurs nouveaux appareils. Petite astuce particulièrement astucieuse de la part du fabricant : les façades de couleur de leurs smartphones et autres appareils changent régulièrement, ce qui permet aux connaisseurs d’identifier immédiatement les modèles anciens.

Des exemples que vous connaissez peut-être déjà

Beurk, qu’est-ce qu’elles ont, les enceintes ?

Peut-être possédez-vous l’un de ces anciens appareils dotés d’une surface dite « Soft Touch », par exemple une chaîne hi-fi, une enceinte, un appareil photo ou une télécommande. Au bout d’un moment, ces surfaces en plastique souple commencent à coller, retiennent la poussière et les poils d’animaux. Leur contact est répugnant, raison pour laquelle ils atterrissent souvent prématurément à la poubelle. Cette caractéristique désagréable vient certainement des plastifiants du matériau, qui s’évaporent avec le temps.

Plus jamais cette marque

Vous avez peut-être aussi été confronté à un téléviseur à écran plat qui n’a tenu que quelques années. Sur les téléviseurs modernes, les composants sensibles, comme les condensateurs, sont souvent installés à proximité de composants de puissance dégageant énormément de chaleur. Résultat : ils ne résistent pas longtemps et cessent de fonctionner pour cause de surchauffe. Là encore, les pièces de rechange ne sont bien souvent pas accessibles aux bricoleurs. Le téléviseur doit être réparé par un professionnel, ce qui entraîne des coûts élevés, alors que la pièce en elle-même ne coûte presque rien.

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Stiftung Warentest (grande organisation de consommateurs allemande) décrit ainsi un cas particulièrement révélateur. Un téléviseur tombe en panne au bout de trois ans. Certes, l’appareil est récent, mais qu’à cela ne tienne, son propriétaire s’adresse à Philips pour commander la pièce détachée défectueuse. Sauf qu’elle n’existe plus, lui annonce l’entreprise. Dommage qu’il ait dépensé près de 3 000 euros. Il n’a alors pas eu d’autre choix que de mettre son coûteux appareil au rebut – et d’en assumer les frais. Plus jamais cette marque, se dit le retraité, dont la confiance dans l’entreprise a été réduite à néant.

Adieu, batteries...

Les batteries ne tiennent pas éternellement, qu’il s’agisse de smartphones, de brosses à dents électriques ou d’ordinateurs portables. Pour être plus précis, elles tiennent environ 500 cycles de charge sur un téléphone portable, soit à peu près deux ans. Elles flanchent donc précisément à l’expiration du contrat de téléphonie mobile. Un hasard ?

Là non plus, ce ne serait pas un drame si l’on pouvait les changer soi-même, comme c’était le cas auparavant. Aujourd’hui, changer de batterie coûte cher et ne vaut pas le coup. Et où atterrissent les appareils ? Vous l’avez certainement deviné...

Ça n’imprime plus !

Alors que tout se passait encore parfaitement la veille, votre imprimante tombe en panne, en général quand vous vous y attendez le moins. Dans bien des cas, un compteur est à l’origine de la défaillance : une fois un certain nombre de pages atteint, l’imprimante refuse de remplir sa mission, bien qu’elle soit encore parfaitement fonctionnelle.

D’autres exemples ?

Les appareils photo contiennent souvent des engrenages en plastique qui s’usent beaucoup plus vite que d’autres modèles bien plus durables et juste un tout petit peu plus chers.

Les chaussures sont fréquemment équipées de semelles en plastique qui s’usent très rapidement, alors qu’il serait pourtant très simple pour le fabricant de les remplacer par des versions plus durables. Bien souvent, elles sont impossibles à réparer, car le reste de la chaussure est aussi de piètre qualité. Le problème est encore plus flagrant sur les chaussures de sport : en général, elles sont vulcanisées, ce qui, dès le départ, empêche de les ressemeler.

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Outre la batterie, les ordinateurs portables présentent aussi d’autres points faibles, par exemple le ventilateur. La poussière qui s’y accumule doit être retirée régulièrement, faute de quoi l’appareil risque de surchauffer. Dommage que l’utilisateur n’en sache en général rien et n’en soit pas non plus informé. Même s’il le savait et voulait remédier lui-même à cette anomalie, il n’y parviendrait sans doute pas, ne pouvant accéder au ventilateur. Il peut aussi arriver que la pile du BIOS soit hors d’usage. Elle ne coûte qu’un euro, mais si elle tombe en panne, l’ordinateur ne démarre plus et est bien souvent jeté.

L’enfant chéri des Allemands – autrement dit la voiture – ne tient plus non plus aussi longtemps qu’avant. Si la vieille Mercedes W123 était increvable, les voitures d’aujourd’hui tombent rapidement en panne et sont difficilement réparables par leur propriétaire. D’ailleurs, cette vénérable guimbarde roule toujours : en Afrique, où elle est volontiers utilisée comme taxi et fonctionne même à l’huile de colza ou à l’huile de friture usagée.

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Il vous est peut-être aussi déjà arrivé que la poignée du freezer ou celle du lave-linge vous reste dans la main, bien que vous ne soyez pas particulièrement brutal ? Les poignées de porte des appareils électroniques sont souvent un point faible : en cas de casse, il ne faut certes pas changer tout l’appareil, mais tout de même la porte entière, qui coûte bien entendu beaucoup plus cher que la poignée seule. Parfois, il arrive aussi que la nouvelle porte du freezer ne ferme plus de façon parfaitement étanche, ce qui entraîne la formation de glace à l’intérieur. Vous avez alors le choix : accepter de gaspiller de l’énergie – ou acheter un nouveau réfrigérateur. Et faire plus attention lorsque vous ouvrez la porte. C’est pourtant simple.

Même le dentifrice est victime de l’obsolescence programmée. L’ouverture des tubes est agrandie de temps en temps : subitement, il sort plus de dentifrice qu’on ne le voulait. C’est ce qu’on appelle l’accélération de la consommation.

Est-ce intentionnel ?

Le professeur Albert Albers, directeur de l’Institut für Produktentwicklung (institut de conception de produits) de l’Institut für Technologie de Karlsruhe (IPEK), confirme que l’usure est, d’une certaine manière, planifiée. Il explique que les fabricants planifient réellement la durée de vie d’un produit. Ils établissent un scénario d’utilisation pour certains groupes de clients et en déduisent la durée d’utilisation de l’appareil. Ces calculs permettent aux constructeurs de déterminer la qualité et les performances des composants, qu’ils adaptent à la durée d’utilisation prévue de l’appareil. Souvent, l’objectif n’est pas de construire aussi bien que possible, mais aussi bien que nécessaire. Tout le reste implique des coûts inutiles.

C’est ce que confirme l’appel d’un client au fabricant de smartphones HTC : un collaborateur du service client lui a indiqué que les appareils étaient conçus pour un cycle d’utilisation de deux ans. Toutefois, lorsque Stiftung Warentest appela le fabricant, il ne voulut pas confirmer cette déclaration officiellement.

Si l’office fédéral allemand de l’environnement (Umweltbundesamt) a lui aussi constaté que les fabricants déterminaient en amont la durée de vie d’un produit, il ne souhaite toutefois pas parler d’obsolescence programmée – ce qui serait pourtant le cas ici du point de vue de l’utilisateur.

Toujours plus de croissance

L’augmentation de la consommation et l’acquisition de plus en plus de modèles neufs stimulent la production et font le jeu de l’économie. Ainsi, les secteurs de l’économie qui ne devraient plus croître dans le cadre d’une évolution naturelle poursuivent leur développement. Les phénomènes de mode, qui se renouvellent en permanence, alimentent cette tendance. Tout comme notre tendance à chercher sans cesse la bonne affaire. On en trouve à tous les coins de rue et celui qui a su profiter de l’offre ressent une forme de satisfaction, peu importe combien de temps l’appareil durera. C’est la conjonction de ces facteurs qui donne naissance à des produits peu durables. Cette croissance artificielle a aussi des avantages que l’on ne peut balayer d’un revers de la main : l’augmentation de la production est en effet créatrice d’emplois. Que le premier qui s’y oppose lève le doigt...

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Théories du complot

Des appareils avec une fin de vie programmée – on croirait presque à un complot. Ce qui n’est pas tout à fait faux : le cartel Phœbus, fondé en 1924, regroupait de grands fabricants d’ampoules à incandescence qui s’étaient mis d’accord pour limiter le temps d’utilisation des lampes à mille heures.

Six ans plus tard, les hommes politiques et les économistes américains évoquaient la possibilité de surmonter la crise que traversaient les États-Unis grâce à l’obsolescence programmée.

Pourtant, il reste difficile de prouver que les fabricants conçoivent les appareils dans le but de duper les consommateurs.

Une première utilisation plus courte

Une étude sur l’obsolescence, réalisée pour le compte de l’office fédéral allemand de l’environnement, a conclu que ce qu’on appelle la durée de première utilisation, en particulier des téléviseurs, mais aussi des lave-linge, sèche-linge et réfrigérateurs, avait baissé. Les appareils ne peuvent plus être utilisés aussi longtemps qu’à l’époque de nos parents ou de nos grands-parents. Les lave-linge, les sèche-linge et les réfrigérateurs tombent bien souvent en panne au bout de cinq ans et doivent être changés.

Mais l’office fédéral allemand de l’environnement n’en conclut pas pour autant que la réduction de la durée de vie des produits serait due à des déficiences intégrées volontairement.

Que dit la loi ?

Stefan Schridde, fondateur de l’association « Murks ? Nein danke ! » et auteur du livre éponyme, suggère que dans la plupart des cas, une part d’omission volontaire entre en jeu. Les technologies actuelles permettraient de faire fonctionner la majorité des produits pendant des décennies, voire des siècles, mais il est difficile de prouver que l’usure était planifiée par l’industrie pour l’ensemble des produits. Bien que l’obsolescence rapporte aux entreprises de substantiels bénéfices, ce procédé n’est toujours pas sanctionné en Allemagne, même si absolument tous les consommateurs sont concernés.

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Certes, il serait théoriquement possible de reprocher aux fabricants de dégrader le matériel, car la mise hors d’usage des biens équivaut à une dégradation, mais il faudrait pour cela prouver qu’il y avait intention délibérée. Ce serait par exemple le cas si des puces sensibles à la chaleur étaient montées à des endroits qui chauffent particulièrement – alors qu’elles auraient très bien pu l’être à des endroits plus frais. Ou si le fabricant n’utilisait pas de puces résistantes à la chaleur alors qu’elles coûtaient à peu près le même prix.

Pour vérifier l’usure d’un lave-linge sur dix ans, Stiftung Warentest a dû le faire fonctionner pendant neuf mois sans interruption dans son centre de tests, ce qui leur a coûté une certaine somme. En général, Stiftung Warentest ne teste pas les téléviseurs, les smartphones, les ordinateurs portables, etc. sur la durée, car cela nécessiterait environ un an et demi et, à l’issue du test, certains appareils ne seraient plus sur le marché, car remplacés depuis longtemps par leurs successeurs.

Ça marche !

Dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique, la France a décidé de sanctionner l’obsolescence programmée. Entrée en vigueur en 2015, cette loi vise à endiguer la surproduction et la surconsommation et prévoit jusqu’à 2 ans de prison et 300 000 euros d’amende ou même 5 % du chiffre d’affaires annuel.

Il est par exemple interdit d’utiliser des joints en plastique lorsqu’il était tout à fait possible d’utiliser leur équivalent en métal. Il est également obligatoire d’indiquer si des pièces de rechange existent pour l’appareil. Les produits non réparables sont aussi interdits en France.

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Les marchandises invendues ne peuvent plus être jetées, elles doivent être à nouveau proposées à la vente. En Allemagne, jusqu’à récemment, les choses étaient différentes : les marchandises retournées atterrissaient souvent à la poubelle pour des raisons de coût.

La loi française représente surtout un signal à l’attention des fabricants, car il est toujours difficile de prouver l’obsolescence programmée. En France aussi, les entreprises invoquent la pression concurrentielle pour justifier le recours à des composants moins chers. Et là encore, elles brandissent l’argument de l’emploi.

Pourtant, l’association « Halte à l’Obsolescence Programmée » (HOP) a déjà marqué quelques points. Elle a notamment porté plainte contre Apple, dont les Iphone 6, 6S, SE et 7 devenaient plus lents avec le temps et présentaient d’autres dysfonctionnements. Le ralentissement correspondant à la sortie des Iphone 8 et X, de nombreux utilisateurs prirent le parti de passer au nouveau modèle. HOP fit ainsi condamner Apple à 25 millions d’euros d’amende.

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HOP a également déposé plainte contre le fabricant d’imprimantes Epson. Et pour cause : leurs imprimantes indiquent que les cartouches d’encre sont vides alors qu’elles contiennent encore de 20 à 50 % d’encre. La plainte n’a pas encore abouti.

Et l’environnement ?

Hormis le coût financier de l’obsolescence programmée pour les consommateurs, celle-ci entraîne également des conséquences désastreuses pour l’environnement et la société. Si elle joue un rôle important dans la pollution de l’environnement et l’aggravation du problème des déchets, elle contribue aussi au gaspillage des matières premières et de l’énergie. Sans compter son impact social : pour produire toujours plus vite et moins cher, de nombreuses entreprises délocalisent leur production dans des pays à faible niveau de salaire où règnent des conditions de travail catastrophiques.

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Et maintenant ?

Même si les organisations de protection des consommateurs ont remporté une première victoire en France, car l’obsolescence programmée n’y relève plus du droit civil mais représente un délit de fraude qui peut avoir des conséquences au pénal, leurs exigences n’ont pas encore toutes abouti. Elles souhaitent en effet obtenir une garantie de dix ans et obliger les fabricants à fournir des pièces détachées. Les associations allemandes de protection des consommateurs s’engagent également pour mettre fin à cette demande artificielle. Car les conséquences sont aussi négatives d’un point de vue social : les personnes disposant de faibles revenus ne peuvent pas s’offrir de produits de bonne qualité et optent pour des marchandises bon marché. Elles subissent ainsi une double peine : les appareils ne tiennent pas longtemps et doivent donc être rapidement remplacés.

Les associations de protection des consommateurs demandent aussi que la durée de vie des appareils soit transparente pour qu’elle devienne un critère d’achat. Dans ce domaine, l’opacité est pourtant la règle jusqu’à présent.

Pour rendre l’obsolescence programmée elle-même obsolète, c’est-à-dire superflue, il faut changer totalement d’approche et passer du modèle économique actuel à une économie circulaire. Un modèle que l’association « Murks ? Nein danke ! » appelle aussi de ses vœux. Ce système prévoit une production limitée de biens de grande qualité, fabriqués localement en tenant compte de critères écologiques. Ce type de collaboration fonctionnelle, sociale et solidaire créerait de nouveaux emplois, par exemple dans les domaines de la réparation, de la réutilisation, de la durabilité et dans le secteur des services.

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Repenser les modèles traditionnels

Toutes les approches innovantes ne vont pas dans la bonne direction. Bien sûr, il faudrait renoncer à remplacer son téléphone portable au bout de quelques mois, mais certaines innovations représentent un réel progrès. En théorie, une liseuse peut stocker des milliers de livres. Si elle permet de gagner de la place dans les étagères, elle évite aussi aux lecteurs passionnés de traîner leur bibliothèque en vacances.

Autre tendance à considérer d’un œil critique : celle des appareils intelligents. Certes, un réfrigérateur équipé d’une connexion WiFi, d’un écran tactile et d’une caméra intégrée représente un véritable progrès et facilite la vie quotidienne, mais ce sont justement ces éléments qui abrègent sa durée d’utilisation. Alors que le réfrigérateur pourrait bien tenir 15 ans, ce n’est pas le cas des composants informatiques. La connexion des appareils domestiques à l’internet des objets n’est donc pas sans poser problème.

L’appareil et la prestation

Le professeur Michael Braungart, qui dirige l’entreprise EPEA Internationale Umweltforschung, propose que les fabricants vendent non seulement les appareils, mais aussi la prestation qui va avec. Pour un lave-linge, ce serait la prestation de lavage, incluant également la réparation, le remplacement et le recyclage de l’appareil. Dans leur propre intérêt, les fabricants seraient ainsi attentifs à la qualité du produit afin de ne pas avoir à le réparer trop souvent ou à le remplacer prématurément. Ils s’efforceraient aussi de concevoir des appareils facilement recyclables pour ne pas en supporter les frais. En fin de compte, ce principe rendrait le produit moins cher. Baptisé « Cradle to Cradle » par Braungart, il profiterait à chacun d’entre nous – et serait bénéfique pour l’environnement.

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Mesures d’urgence

Il faudra sûrement un certain temps avant que ne s’opère ce changement de mentalité. Alors, que faire en attendant pour ne pas être victime de l’obsolescence programmée ?

En priorité, ne pas acheter de produits à bas prix. Car ce que vous pressentiez est exact : les produits bon marché ne tiennent pas aussi longtemps que ceux qui coûtent cher. Cela vaut souvent la peine de payer plus. Les appareils informatiques existent souvent dans des versions professionnelles qui sont, globalement, mieux conçues. Il en va de même pour le matériel de cuisine et les outils : là encore, les professionnels de la restauration et les artisans s’équipent de modèles spécifiques.

L’entreprise Bosch vend deux types d’outils : verts pour les bricoleurs, noirs pour les pros. Les modèles pour débutants sont commercialisés sous la marque Skil. L’utilisateur pouvait ainsi faire son choix : s’il ne devait utiliser l’appareil qu’occasionnellement, le modèle Skil, peu cher, suffisait. S’il était bricoleur, il choisissait le modèle vert. Et s’il avait de nombreux projets en perspective, le bleu était la meilleure option.

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Bien entendu, ce qui est vrai ailleurs l’est aussi ici : l’exception confirme la règle. Il existe aussi des appareils chers qui ne valent rien. Gardez à l’esprit qu’un appareil d’une vieille entreprise allemande n’est pas nécessairement synonyme de qualité. Certaines entreprises célèbres n’existent plus – seules les licences sont parfois encore en circulation, si bien que l’on trouve de temps en temps des produits à bas prix au nom d’une marque connue.

Lorsque vous achetez en ligne, faites attention aux avis des clients et recherchez ceux ayant attribué peu d’étoiles. Si certains défauts y sont mentionnés à plusieurs reprises, mieux vaut renoncer à votre achat. Les portails de consommateurs sérieux signalent également les appareils se détériorant rapidement. Vous pouvez également rechercher spécifiquement les produits portant le sigle HTV Life, décerné uniquement aux produits ne présentant aucun signe d’obsolescence programmée.

Mais la meilleure solution reste encore de faire soi-même ou de réparer !

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D’ailleurs, sachez que les appareils tout collants évoqués plus haut retrouvent leur élégance d’origine avec un peu de dissolvant sans acétone. Les imprimantes rebelles peuvent être réinitialisées de manière à fonctionner comme au premier jour – vous trouverez des tutoriels sur internet, par exemple sur le portail IFIXIT, dédié aux réparations faites par les bricoleurs.

Pas d’obsolescence programmée chez QUADRO

Il n’y a jamais eu d’obsolescence programmée chez QUADRO et il n’y en aura jamais. Nos tubes, nos plaques et nos raccords sont suffisamment solides pour résister à plusieurs générations d’enfants pleins de vie ; ils sont pratiquement indestructibles.

Modèle QUADRO de 1979 (photo de 2013)

Les éléments en tissus se lavent en machine et tiennent aussi longtemps qu’il est techniquement possible.

Les produits QUADRO sont écologiques

Les matériaux sont écologiques : les produits QUADRO sont composés uniquement de polypropylène (PP, code de recyclage 5) et de polyéthylène haute densité (HDPE, code de recyclage 2). Ces deux plastiques sont considérés comme sûrs, non toxiques et respectueux de l’environnement, raison pour laquelle ils sont utilisés dans les emballages alimentaires. Le polypropylène fait partie des plastiques les plus neutres, car il ne contient que deux éléments : du carbone et de l’hydrogène.

Les produits QUADRO sont sûrs

Les produits QUADRO dépassent les normes de sécurité européennes pour les jouets. Vous trouverez un aperçu des certificats de sécurité ici. Bien entendu, nos structures ne contiennent aucun produit nocif comme le PVC, le BPA, les HAP, les phtalates ou le plomb.

Compatibilité

Lors du développement de nos produits, nous veillons à ce que les nouveaux éléments restent compatibles avec les plus anciens. Vous pouvez ainsi combiner les kits des années 1980 – ou même les tout premiers kits de 1979 – avec les kits et extensions les plus récents. Et quand vos enfants seront trop grands pour jouer sur les structures QUADRO, la génération suivante pourra en profiter.

Modèle QUADRO de 1984 (photo de 2014)

N’oubliez pas non plus que chaque kit de construction offre d’innombrables variantes passionnantes. Laissez-vous inspirer par les propositions de notre base de données ou construisez un modèle issu de votre imagination. Vos enfants auront ainsi toujours de nouvelles possibilités de jeu – impossible de s’ennuyer !

Protection anti-UV

Pour que les couleurs gardent longtemps leur éclat, tous les éléments QUADRO sont teintés dans la masse et protégés contre les UV. Ils tiennent ainsi beaucoup plus longtemps que les pièces en plastique habituelles. Vous pouvez donc laisser votre structure QUADRO dehors en hiver sans aucun problème. Si vous sentez que vos enfants n’utiliseront plus le modèle, il est toutefois recommandé de le démonter, de vérifier son état, de le nettoyer et de le stocker – il conservera ainsi son éclat plus longtemps.

Protection contre le chlore et l’eau de mer

Enfin, votre structure QUADRO est très résistante au sel, aux solutions acides et alcalines : vous pouvez donc l’installer sans problème dans la piscine si vous ajoutez un toboggan par exemple. Les éléments supportent aussi très bien les matières grasses et la saleté. Ils se nettoient aisément avec les nettoyants ménagers habituels, ce qui vous permettra de réinstaller votre kit dans la chambre de votre enfant même après un hiver passé dehors.

Et comme nous sommes parfaitement convaincus par ce que nous avons créé, vous bénéficiez d’une garantie de 6 ans sur l’ensemble des tubes, plaques, raccords, vis et clés QUADRO !

Modèle QUADRO de 1984 (photo de 2014)

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